Kaija Saariaho

Kaija Saariaho apprend la musique à partir de l'âge de 6 ans, avec comme instruments le violon, le piano et l'orgue. Elle s'oriente vers l'académie des beaux-arts d'Helsinki pour y étudier la peinture et le dessin, tout ayant la volonté de devenir compositrice. Elle décide d'étudier sérieusement la musique en 1976, et intègre l'Académie Sibelius de Helsinki, dans la classe de Paavo Heininen. L'enseignement de Heininen est rude, mais Saariaho le reconnaît comme essentiel, lui permettant notamment de lever un blocage sur son expression musicale. Elle participe à des rencontres entre jeunes compositeurs, et forme un groupe qu'ils appellent Korvat auki (oreilles ouvertes en finnois), qui comprend entre autres Magnus Lindberg, Jouni Kaipainen, Esa-Pekka Salonen, Jukka Tiensuu.

En 1980, Saariaho se rend à Darmstadt et y découvre l'école spectrale française, en particulier la musique de Tristan Murail et de Gérard Grisey, ce qui a été pour elle une vraie révélation. Elle termine ses études à l'académie Sibelius en 1981.

Elle quitte ensuite la Finlande pour étudier à Fribourg-en-Brisgau, auprès de Brian Ferneyhough et Klaus Huber, pendant deux ans, puis à l'IRCAM à Paris, pour se former à l'informatique musicale. Elle est compositeur en résidence du conservatoire à rayonnement régional de Strasbourg et du Festival Musica en 2005.

Elle est l'auteur de trois opéras : L'Amour de loin (2000) et Adriana Mater (2006) où la même équipe a collaboré : le librettiste Amin Maalouf, le metteur en scène Peter Sellars et le chef d'orchestre Esa-Pekka Salonen ; et Émilie (2010) sur un livret d'Amin Maalouf, une mise en scène de François Girard, par l'Opéra national de Lyon dirigé par Kazushi Ōno2. L'Amour de loin a été décrit par The New York Times comme « Best New Work of the Year 2000 » (meilleure nouvelle œuvre de l'an 2000).

Kaija Saariaho est très influencée par la musique spectrale. Petals, pour violoncelle solo ou avec électronique, illustre parfaitement cette forme de musique travaillant sur la matière même du son. Nombre de ses pièces utilisent des ressources électroniques en plus des instruments traditionnels, à l'exemple de Nymphéa (Jardin secret III, 1987), pour quatuor à cordes et électronique en direct.

Kaija Saariaho a beaucoup écrit pour le violoncelle, et l'utilise de manière novatrice, en jouant notamment sur la texture de l'instrument grâce à l'électronique et à des techniques de jeu inventives (variations de pression et d'inclinaison de l'archet...).